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C’est une version un peu plus conventionnelle, bien que toujours excitante, de la plateforme J1 de la Taycan

La 2022 Audi E-Tron GT ne sera pas commercialisée avant cet été, mais la semaine dernière, nous avons eu la chance de conduire une version RS E-Tron GT à spécification allemande sortie de la flotte de préproduction d’Ingolstadt. Audi fonde de grands espoirs sur sa nouvelle banque de luxe, la qualifiant de voiture halo pour sa sous-marque E-Tron de véhicules électriques. Et pourtant, il est impossible de parler de l’E-Tron GT sans mentionner la Porsche Taycan.

Lorsque l’idée des voitures électriques modernes a été lancée pour la première fois au début du siècle, les cadres de l’industrie automobile écumaient pratiquement la bouche en voyant à quel point une voiture pouvait être simple (et donc rentable). Des idées comme celle de vendre aux clients un seul châssis de planche à roulettes sur lequel ils pourraient changer allant de voitures de sport à minivans étaient ouvertement discutées. Deux décennies plus tard, le marché n’a pas évolué vers des voitures que l’on peut changer comme des briques Lego. En fait, l’identité de la marque est plus importante que jamais, surtout dans le segment de prix du marché.

L’E-Tron GT et la Taycan ont toutes deux été développées en parallèle sur ce que l’on appelle en interne la plateforme J1. Ils ont beaucoup de matériel en commun, à commencer par un système de 800 volts (par opposition au système de 400 volts que l’on trouve sur Teslas), qui permet de réduire les temps de charge et le poids de la batterie de 93 kWh. Les deux partagent une pompe à chaleur qui utilise des conduites de refroidissement pour transférer la chaleur des composants électriques à haute tension aux batteries afin de les maintenir à la température idéale.

Les similitudes ne s’arrêtent pas là. 

Les deux voitures emploient la même architecture sous-jacente à double moteur électrique, et donc la traction intégrale. Les deux ont un essieu arrière avec un diff verrouillable électroniquement et un vecteur de couple électronique. Porsche l’appelle PTV, Audi l’appelle Quattro 2.0, mais ce n’est qu’une marque. Les deux ont des roues arrière directrices, et une suspension pneumatique à trois chambres, qui, selon Audi, a 60 % plus de volume que ses autres suspensions pneumatiques, ce qui permet une plus grande variation entre les modes.

Malgré les nombreux points communs, l’Audi fait en fait un assez bon travail pour se distinguer de la Taycan. La Porsche se positionne comme une machine super high-tech à la pointe de la révolution électrique. L’Audi est plus proche d’une voiture traditionnelle, partageant la différence entre une berline de luxe traditionnelle à moteur à combustion interne comme la RS7 et le futur qu’est la Taycan.

Tout d’abord, il y a le style. La Taycan est plus élégante qu’un casque de stormtrooper Star Wars et s’éloigne autant de la norme Porsche que l’on peut obtenir ces jours-ci. L’E-Tron GT est beaucoup plus en phase avec le reste du portefeuille de la marque. Comme les autres Audi, il y a un semblant de calandre, même si elle est remplie de plastique à texture de diamant. Nous apprécions la sculpture musclée des ailes et des hanches arrière, et les espaces entre les deux sont remplis de lignes de caractère et de courbes spectaculaires. Elle donne instantanément l’impression qu’une RS7 est plate.

C’est en partie dû au fait que l’E-Tron GT retranche 5 cm de la hauteur de la RS7 et est 2,5 cm plus large. La seule Audi dont la ligne de toit est plus basse est une R8. Bien sûr, si vous détendez vos pupilles comme si vous regardiez dans un poster d’œil magique, vous pouvez voir des courbes Porsche-esque dans la vue de trois quarts arrière, mais il ne serait pas grotesque de dire que l’E-Tron GT a l’air mieux.

Cependant, c’est à l’intérieur que l’E-Tron GT se distingue vraiment. La première chose que vous remarquerez est que l’écran MMI inférieur que l’on trouve sur les Audis plus haut de gamme a disparu, remplacé par des boutons physiques pour le contrôle de la climatisation. En dessous, on trouve une autre rangée de boutons pour le mode de conduite, le contrôle de la traction, les caméras de stationnement, etc. Les écrans tactiles ont beau être superbes, nous préférons en fait les Audis (vous savez, les moins chères) qui ont conservé des boutons et des molettes.

La Taycan semble en fait plus proche de la Modèle S dans l’esprit, ce qui nous amène à notre dernier point. Oui, l’Audi et la Porsche ont des identités distinctes, mais il semble qu’elles aient été échangées par inadvertance, « Freaky Friday » style.